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SÉCURITÉ OU STIGMATISATION ? LE DÉBAT QUI DIVISE CARCASSONNE Peut-on lutter contre les nuisances sans stigmatiser la pauvreté ? Derrière cette question se cache l'un des premiers grands affrontements politiques du mandat de Christophe Barthès à Carcassonne. Depuis son arrivée à la tête de la mairie, l'élu Rassemblement National a fait de l'ordre public et de la tranquillité urbaine des priorités affichées. Son arrêté anti-mendicité, signé quelques jours seulement après son élection, est devenu le symbole de cette nouvelle ligne politique. Près de deux mois après son adoption, le texte continue de diviser. Entre soutien d'une partie des habitants et contestation des défenseurs des libertés publiques, la bataille dépasse désormais largement le cadre juridique. Elle interroge la vision même de la ville que souhaitent construire ses responsables politiques. L'histoire débute au début du mois d'avril. Le nouveau maire annonce publiquement sa volonté d'agir immédiatement. « Pas dans six mois, pas dans un an, mais dès aujourd'hui », déclare alors Christophe Barthès devant le conseil municipal avant de signer son arrêté anti-mendicité. Le message est clair. Le nouvel exécutif veut marquer les esprits. Montrer que le changement promis pendant la campagne électorale est déjà à l'œuvre. L'arrêté vise plusieurs secteurs de la Bastide et de la Cité médiévale. Il interdit certaines formes de mendicité lorsqu'elles s'accompagnent de sollicitations jugées agressives ou insistantes, d'occupations prolongées du domaine public, d'entraves à la circulation ou encore de sollicitations auprès des automobilistes.
Quelques jours plus tard, la Ligue des droits de l'Homme contre-attaque. L'association saisit le tribunal administratif de Montpellier et dépose un recours assorti d'une demande de suspension en urgence. Pour la LDH, le texte soulève plusieurs interrogations. Son périmètre est jugé trop vaste. Ses horaires, du lundi au samedi de 11 heures à 23 heures ainsi que les jours de forte affluence, sont considérés comme excessifs. L'association estime également que certaines libertés fondamentales pourraient être affectées, notamment la liberté de circulation, le libre usage du domaine public ou encore le principe de fraternité reconnu par le Conseil constitutionnel. Une seconde requête est déposée lorsque la municipalité modifie son arrêté afin d'y intégrer plusieurs rues initialement absentes du dispositif, notamment la rue Clémenceau dans la Bastide et la rue Cros-Mayrevielle dans la Cité. Le bras de fer judiciaire devient alors l'un des premiers grands dossiers du mandat. Le 6 mai dernier, le tribunal administratif de Montpellier rend sa première décision. Le juge des référés refuse de suspendre l'arrêté. Pour la juridiction administrative, le texte apparaît, à ce stade de la procédure, suffisamment encadré. Le juge estime que l'arrêté vise uniquement certaines formes de mendicité et de consommation d'alcool susceptibles de générer des troubles à l'ordre public sur un périmètre et une durée limités. Concrètement, l'arrêté reste donc applicable. Pour Christophe Barthès, la décision constitue un succès politique évident. Elle vient conforter son discours de fermeté et sa volonté affichée de rétablir ce qu'il considère comme la tranquillité dans les espaces publics les plus fréquentés de la ville. Mais la victoire est-elle définitive ? Rien n'est moins sûr. Car juridiquement, le fond du dossier n'a pas encore été examiné. Le recours principal en annulation devrait être étudié courant 2027 par une formation collégiale du tribunal administratif. Et c'est bien cette future décision qui déterminera définitivement la légalité ou non de l'arrêté. Derrière les procédures, une autre question demeure. Un arrêté municipal peut-il réellement résoudre les difficultés sociales qui conduisent certaines personnes à mendier ? Les défenseurs du texte répondent que les habitants ont droit à un cadre de vie apaisé et sécurisé. Ils rappellent que les commerçants du centre-ville, les riverains et les visiteurs réclament depuis longtemps une action plus ferme face à certaines situations jugées problématiques. Les opposants rétorquent que la pauvreté ne disparaît pas parce qu'on interdit ses manifestations visibles. Selon eux, le risque est de déplacer les personnes concernées vers d'autres quartiers sans apporter de réponse durable à leur situation. Cette interrogation n'est d'ailleurs pas nouvelle à Carcassonne. Plusieurs observateurs rappellent qu'un arrêté anti-mendicité existait déjà sous les mandats précédents, notamment à l'époque de Raymond Chesa. Un texte qui, selon certains, n'était plus réellement appliqué depuis plusieurs années. La question mérite donc d'être posée : assiste-t-on à une rupture politique majeure ou à la réactivation d'un outil administratif déjà utilisé par le passé ? Une chose apparaît certaine. Avec cette décision, Christophe Barthès imprime sa marque sur le début de son mandat. Sécurité, ordre public, lutte contre les incivilités : la priorité est clairement assumée. Reste désormais à savoir si cette stratégie produira des résultats visibles dans les mois à venir. Car si la justice administrative a validé provisoirement le dispositif, elle n'a pas tranché le débat de fond. Celui-ci reste plus ouvert que jamais. Au-delà des positions partisanes, une ville ne peut probablement se construire durablement ni dans l'insécurité ni dans l'exclusion. Entre protection de l'espace public et accompagnement des plus fragiles, l'équilibre est délicat. C'est pourtant dans cette capacité à concilier fermeté et solidarité que se mesure souvent la réussite d'une politique municipale. À Carcassonne, le dossier anti-mendicité n'a donc pas livré son dernier verdict. Et le véritable jugement sera peut-être autant politique que juridique. ____________________________________________________ Ludovic BEUZERON, journaliste indépendant. C11.MEDIA et La Voix des Citoyens Membre actif de la #fnjmi 🇫🇷 Rédaction : Press’K - Tous droits réservés 2026 Crédits : DR, image d’illustration, Buzee Prod 📱 Le portail : https://c11.media 🎬 La chaine TV sur : https://tv.c11.media 🎤 La radio : https://radio.c11.media ✍️ Donnez votre avis sur : https://fr.trustpilot.com/review/c11.media De Narbonne à Castel, de Limoux à Trèbes, dans l’Aude « C’est le média qui vous donne la parole » #c11media #journaliste #information #citoyen #aude #occitanie #vousdonnelaparole ⚠️ Pour nous soutenir, n’oubliez pas de LIKER cet article et le partager… Merci
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