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« ON N’EST PAS DES DOMINOS » : LA COLÈRE MONTE SUR LE BOULEVARD BARBÈS Peut-on déplacer un marché sans en briser l’équilibre ? À Carcassonne, la question agite désormais commerçants et clients. Et pour cause. En annonçant, jeudi 30 avril, sa volonté de déplacer le marché textile du boulevard Barbès, le maire Christophe Barthès a déclenché une vive inquiétude. Sur les étals, ce samedi 2 mai, les mots sont simples. Mais lourds de sens. « On va tuer notre activité. » La scène se répète tout au long de la matinée. Des discussions à voix basse. Des regards inquiets. Des clients qui s’interrogent. « Pourquoi déplacer le marché ? », demande une habituée. « Déjà que le centre-ville est en difficulté… » Face à elle, Catherine Meyer commerçante, hausse les épaules. Elle aussi a appris la nouvelle dans la presse. Comme beaucoup. Car c’est bien là que le bât blesse. L’annonce a été faite en fin de conseil municipal. Sans concertation apparente. Sans échange préalable avec les principaux concernés. Et depuis, les hypothèses circulent. Square Chénier. Abords du canal. Secteur gare-Sernam. Des pistes. Mais aucune certitude. Pour les commerçants, le problème est ailleurs. Il tient en un mot : cohérence. « On n’est pas des dominos », lâche Ilyes Bennadji. « On est des commerçants. » Et derrière cette phrase, une réalité économique. Le marché fonctionne comme un tout. Fruits, légumes, textile. Une continuité. Un flux. Une habitude pour les clients. Couper cet équilibre, c’est prendre un risque.
Tous le disent. Sans exception. « Il ne faut pas séparer le textile du reste », insiste Chloé, de la boutique Chloé d’Aude Cosmétique. « C’est notre zone de chalandise. » Même analyse chez Véronique Chapuis. « Si on est déplacés vers la gare, les gens ne suivront pas. On l’a vu ailleurs. Ça ne marche pas. » Le constat est partagé. « Un marché, c’est un ensemble », résume Philippe Sigmon. « Sinon, ce n’est plus un marché. » Face à cela, la municipalité évoque une meilleure organisation. Plus de fluidité. Davantage de places de stationnement. Des objectifs qui peuvent sembler légitimes. Mais qui peinent à convaincre. « On peut améliorer sans déplacer », répond Ilyes Bennadji. D’autres pointent un manque de rigueur dans la gestion actuelle. « Il faut former les placiers », glisse Remy Argeliers. Certains citent Narbonne en exemple. « Là-bas, c’est mieux organisé. » Au-delà des commerçants, c’est toute la dynamique du centre-ville qui est en jeu. Un marché attire. Il crée du passage. Il fait vivre les rues. Le déplacer, c’est redessiner les flux. Et potentiellement affaiblir un secteur déjà fragile. Le syndicat des commerçants de marché de l’Aude, lui, s’étonne. Son président, Georges Ghaly, n’a pas été consulté. « Une telle décision ne peut pas être unilatérale », prévient-il. Et d’évoquer une possible intervention juridique si le dialogue ne s’ouvre pas. Car pour lui, l’enjeu est clair. « Un marché a besoin de stabilité. Il faut des années pour fidéliser une clientèle. Si on casse ça, les gens iront ailleurs. » Ce débat n’est pas nouveau. Depuis plusieurs années, l’emplacement du marché revient régulièrement dans l’actualité locale. Réaménagements urbains. Réorganisation des espaces. Pressions sur le stationnement. Chaque projet relance la question. Mais cette fois, le contexte semble plus sensible. Alors, faut-il réorganiser pour moderniser ? Ou préserver pour protéger une activité déjà fragile ? Entre logique d’aménagement et réalité économique, l’équilibre est délicat. Et la méthode, elle aussi, interroge. Peut-on transformer un marché sans associer ceux qui le font vivre ? Une chose mérite toutefois d’être posée clairement. Rappelons l’idée avancée par la municipalité — libérer jusqu’à 350 places de stationnement, inciter les visiteurs à traverser la rue piétonne pour générer davantage de flux et regrouper les acteurs économiques sur un axe plus large et potentiellement plus dynamique — n’est pas dénuée de logique. Elle répond à une vision d’aménagement urbain qui cherche à redonner du souffle au centre-ville. Reste à savoir si cette stratégie produira les effets attendus ou si elle fragilisera un équilibre existant. Entre inquiétudes légitimes et intentions affichées, le débat mérite d’être posé sereinement. Montrons-nous mesurés. Et rendons à chacun sa part de responsabilité. À Carcassonne, le dossier ne fait que commencer. Et derrière les étals, ce sont bien plus que des marchandises qui sont en jeu. Affaire à suivre... ____________________________________________________ Ludovic BEUZERON, journaliste indépendant. C11.MEDIA et La Voix des Citoyens Membre actif de la #fnjmi 🇫🇷 Rédaction : Press’K - Tous droits réservés 2026 Crédits : DR, image d’illustration, Buzee Prod 📱 Notre portail : https://c11.media 🎬 Notre chaine TV sur : https://tv.c11.media 🎤 Écoutez la radio sur : https://radio.c11.media ✍️ Avis : https://fr.trustpilot.com/review/c11.media De Narbonne à Castelnaudary, de Limoux à Trèbes, dans l’Aude « C’est le média qui vous donne la parole » #c11media #journaliste #information #citoyen #aude #occitanie #vousdonnelaparole ⚠️ Pour nous soutenir, n’oubliez pas de LIKER cet article et le partager… Merci |
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